Ne retenir que la victoire

Temps additionnel / 17/03/2018 - 15h05 / Par Norbert Siri
  


Hélas ! Trois fois hélas ! Notre site va fermer. A cette douloureuse décision, une simple et bonne raison : le respect de ses exigences est désormais incompatible avec le bénévolat. C’est dur, mais c’est ainsi. Cette triste nouvelle hantait toujours nos esprits, quand le devoir de supporter nous appelait au stade Louis-II, vendredi soir, en ouverture de la 30ème journée de Ligue 1, où le dauphin monégasque recevait l’avant-dernier lillois, englué dans une situation a priori insoluble, que les récents débordements du public nordiste n’ont réussi qu’à envenimer.

Devoir, mais surtout plaisir d’assister à cette rencontre à première vue déséquilibrée puisque les visiteurs n’avaient guère que leur blessure d’amour-propre à faire valoir face à nos favoris qui les avaient déjà matés à l’aller, et dont l’effectif était quasiment au complet avec, notamment, la présence du capitaine colombien Radamel Falcao, que Leonardo Jardim avait eu le bon sens de ménager à Strasbourg, pour lui éviter la moindre rechute sur le champ de labour alsacien. C’est que se profile, dans deux semaines, la finale de la Coupe de la Ligue contre le PSG.

El Tigre conduisait bel et bien l’attaque monégasque, en remplacement de Stevan Jovetic bizarrement relégué sur le banc, mais - autre surprise - Fabinho était à son tour préservé, afin de ne pas s’exposer au risque d’un avertissement qui l’aurait privé de la finale en terre girondine. Et, tout au long de la première mi-temps, on s’est aperçu que l’absence du métronome brésilien, grand récupérateur de balles devant l’Eternel, portait préjudice à sa formation. Si cette dernière n’a pas bien fonctionné, c’est parce que Fabinho n’était pas là pour la placer sur de bons rails. L’AS Monaco a souffert le martyre avant la pause, dominée par un adversaire qui l’a mise plus d’une fois en difficulté, au point d’ouvrir rapidement la marque au milieu d’une défense amorphe. Et l’égalisation miraculeuse de Rony Lopes (Photo : J-P Kieffer), qui trompait en deux temps le gardien lillois sur une passe astucieuse de Keita Balde, par ailleurs très discret, était accueillie avec soulagement par le public juste avant la mi-temps.

L’absence de Fabinho n’était pas la seule à nuire au jeu de notre équipe. Celle de Stevan Jovetic aussi qui, une fois entré sur le terrain en lieu et place de notre Sénégalais, a aussitôt apporté son jus, son sens du placement et sa finesse technique. En seconde période, grâce à ce changement judicieux de Leonardo Jardim, notre attaque s’est métamorphosée, non pas au point de développer de brillantes actions, mais au moins pour porter plus souvent le danger dans le camp adverse et même prendre l’avantage, pile à l’heure de jeu. Au centre du terrain, Joao Moutinho chipait la balle à un Nordiste et la transmettait en profondeur à Stevan Jovetic. Le Monténégrin la piquait délicieusement juste au-dessus du portier qui se précipitait à sa rencontre. Ainsi donnait-il la victoire à son équipe qui, dans un mauvais soir, se contentait de gérer le score dans l’ultime demi-heure.

Pour la cinquième fois de la saison à domicile, l’ASM est parvenue à inverser une situation compromise, grâce à sa force de caractère, certes, mais surtout grâce au talent individuel et à l’opportunisme de ses deux meilleurs joueurs actuels, Rony Lopes et Stevan Jovetic, qui claquent but sur but depuis plusieurs semaines et qui lui permettent de conserver la deuxième place du classement, au terme d’une série d’invincibilité de quinze matchs. Pour sa part, Radamel Falcao a été transparent. Il est vrai qu’il relevait de blessure, qu’il n’était visiblement pas dans son assiette et qu’il a été la cible d’agressions fréquentes de la part de ses gardes du corps. Mais, à l’approche de la Coupe du Monde, il est probable que nos internationaux vont, plus ou moins consciemment, calculer leurs efforts, de peur d’une blessure qui les empêcherait d’aller en Russie.

En attendant, il y a une deuxième place à conforter. A huit journées de la fin, on peut considérer qu’elle est destinée à l’AS Monaco. Le match de dimanche soir entre les deux Olympiques fournira une indication importante. Si les deux équipes se neutralisaient, ce serait tout bénef’ pour notre club. Si, dans un sursaut d’orgueil, vexés par leur élimination en Ligue Europa, les Lyonnais l’emportaient au Vélodrome, Monaco compterait sept points d’avance sur Marseille, avec une différence de buts largement supérieure. De quoi autoriser les Monégasques à aborder l’esprit serein la prochaine finale de la Coupe de la Ligue à Bordeaux, que nos deux courageux cyclistes, Luc Spottarelli et Philippe Morel, vont rallier à vélo, notamment en l’honneur de la Fondation Flavien. Un exploit sportif qui en appelle un autre de la part de nos footballeurs !

Daghe Munegu.


 
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