Sidibé : « On sentait cette force en nous »

Joueurs / 20/12/2017 - 16h23 / Par Geoffroy B.
  


A l'image de Thomas Lemar, l'absence de Djibril Sidibé faisait clairement défaut à l'équipe de Leonardo Jardim ces derniers temps. Le journaliste Nicolas Sucha de So Foot a interviewé le joueur. Le thème exclusif de cet entretien est l'épique saison 2016-2017. Morceaux choisis.

Le latéral moderne ne sait pas quel est son meilleur souvenir de l'année civile 2017 tant les émotions fortes ont été légions : « C'est la globalité de la saison 2016-2017 qui est marquante. Dès le début, on a senti une grosse cohésion. Dès la préparation, car on avait repris tôt avec les deux tours préliminaires de Ligue des Champions contre Fenerbahçe et Villarreal. À l'entraînement, dès le début, on sentait un esprit de compétition. » Ce supplément d'âme, cette soif de vaincre ont été les atouts du Champion de France : « On sentait cette force en nous, cela fait partie de la culture de Monaco. Même quand je n'étais pas encore au club, c'était une équipe qui pouvait être menée à la mi-temps et remporter ses matchs en retournant les situations à 10 ou 15 minutes de la fin. » Au-delà du beau jeu, la saison s'est finie en apothéose : « Détrôner le Paris Saint-Germain, c'est fabuleux. Avec la manière en plus... Le nombre de buts largement supérieur, la qualité de jeu. L'objectif, c'était de finir le plus haut possible, au bout de quelques matchs, on ne se voilait plus la face, même si nous ne pouvions pas nous prononcer ouvertement. L'objectif, c'était d'aller chercher le titre. »

La Ligue des Champions, en sus du championnat, a également été une belle épopée, moteur d'une belle saison à venir : « L'un des déclics – parce qu'il y a eu plusieurs moments –, c'est le match perdu à Fenerbahçe suivi de la victoire à la maison. Cela a été la première étape. Mais l'émotion la plus forte, c'est le match à Manchester City. Riche en intensité, humainement on a senti un engouement, les supporters anglais ont mis de l'ambiance. Un match plein, du spectacle, et à chaque entrée, que ce soit un joueur de City ou de Monaco, tout le stade se levait. À la fin du match des applaudissements pour les deux équipes... Une superbe ambiance. » Même si l'ancien Lillois, gourmand, aurait préféré plus : « Après, il a manqué cette petite finale en Ligue des Champions, même si on a eu un parcours magnifique. » Mais il s’est opposé un obstacle italien quasi-insurmontable, la Juventus de Turin : « En face, il y avait une équipe avec la culture de la défense, la référence mondiale dans ce domaine. Ils adorent défendre, nous attaquer. On s'est procuré des occasions ou semi-occasions sans savoir les exploiter, alors qu’eux, quand ils ont eu des opportunités, cela a fait mouche. La Ligue des Champions, c'est une compétition à part. Toutes les équipes dans les derniers matchs sont au même niveau ou presque. C'est un niveau d'exigence ultra élevé. On était rodé, on enchaînait les victoires, on était en confiance. Mais eux, ils avaient des joueurs d'expérience, internationaux, cela a fait la différence. »

Alors que Thomas Lemar et Benjamin Mendy sévissaient à gauche, la paire Bernardo Silva/Djibril Sidibé était tout aussi complémentaire : « Avec Bernardo Silva, c'était un régal. Il aimait bien dézoner et me laissait le couloir libre. Je pouvais combiner, centrer, et même repiquer dans l'axe et être en position de tir. C'était riche au niveau technique et tactique. J'ai beaucoup évolué et progressé, cela m'a permis d'arriver en Équipe de France. » Pour le défenseur, tout est donc une question d'équilibre : attaquer, contre-attaquer, défendre, compenser, ... La touche Leonardo Jardim, c'est également ça, des latéraux ultra-offensifs : « Il nous demandait de nous concentrer en priorité sur les tâches défensives. On avait un jeu très porté vers l'avant, donc on devait être vigilant. Si Ben montait, je devais refermer l'axe pour suppléer son défenseur central, et vice versa. On a tendance à apporter, apporter, apporter offensivement, puis au bout d'un moment, pour revenir, c'est difficile, on manque de lucidité. On se dit "le ballon ne va jamais arriver là", sauf qu'il y arrive et un mètre de retard au haut niveau, cela fait but. Le coach ne se faisait pas de souci par rapport à notre apport offensif, il nous avait analysés quand Benjamin était à Marseille et moi à Lille. Monaco nous a pris pour ça. Mais la piqûre de rappel du coach, c'était de nous dire qu'avant d'être des contre-attaquants, on était des défenseurs. »

So Foot

 
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