L’ère Pastor

Club / 08/07/2008 - 19h53 / Par Pierre R.
  


…où comment passer du toit de l’Europe au ventre mou d’un championnat peu relevé. Depuis la prise de pouvoir de Michel Pastor, qu'on ne présente plus, l'AS Monaco a entamé une longue descente aux enfers, ou plutôt un triste retour dans le rang.

Cette année, début Avril, l'homme d'affaires monégasque a préféré se retirer de la présidence, tout en restant un important actionnaire du club. Sa présidence, qui s'annoncait comme pleine de promesse, s'est en réalité révélée bien difficile. Michel Pastor aura tout d'abord du faire face à un contexte initiale délicat. Ceci ne fut bien évidemment pas la seule raison de l'échec, tant sa politique, décrié unanimement par les supporters ces dernières années, paru parfois douteuse. Il ne restera donc pas grand chose à retenir de ces 4 années puisque Monaco est  dorénavant sevré de trophées et de Coupe d'Europe. Michel Pastor laisse donc l'ASM dans un état proche du critique.

Un héritage difficile

A sa prise de pouvoir en 2004, Pastor eut la lourde tâche d'assumer un héritage difficile. Après 28 ans, Jean-Louis Campora laissa sa place au sommet de la hiérarchie. Campora était une figure emblématique de l'ASM, et le faire oublier ne fut pas chose aisée. Avec cet homme-là, les intérêts de Monaco furent toujours préservés du fait de son influence importante au sein de la LFP. Sa fin de règne correspondit bizarrement avec la montée de la grogne contre les avantages fiscaux monégasques, menée par Aulas & co. Campora était tout d'abord un amoureux du football, qui connaissait parfaitement le milieu et toutes ses subtilités. Ses talents de négociateurs étaient connus de tous. Avec la fin de règne de Campora ont disparu les réseaux qu'il avait lui-même crée un peu partout dans le monde. La tâche de Michel Pastor s'annonçait donc, et ce avant même qu'elle ait commencée, relativement ardue. Reconstruire un nouveau Monaco n'était bien évidemment pas chose facile.

De plus, Michel Pastor dut composer avec un contexte sportif extrêmement délicat. L'ASM sortait d'une saison pleine de rêves les plus fous, rêves qui s'étaient finalement brisés au cours d'un mois de Mai fatidique. Aucun titre, au terme d'une saison de toute beauté. Le magnifique parcours en Champion's League eut pour effet d'attirer l'attention d'autres clubs, pour certains plus huppés. Bye bye les Prso, Morientes, et autres Rothen. Deschamps, malgré les appels du pied de la Juventus, décida de continuer l'aventure avec l'ASM. Le discours du nouveau président était ambitieux, et rien ne portait à croire que le club était à l'aube de sa chute. Pourtant dès ce moment, de graves erreurs furent commises. Giuly, élément clé du système et symbole du club, fut boudé par Pastor et sa clique, qui lui proposèrent un salaire... divisé par 3 ! Premières incompréhensions. Même si les appels de grands clubs, comme le Real pour Morientes, étaient difficiles à maîtriser, Pastor se révéla incapable de retenir de nombreuses pièces maitresses de l'effectif. Sa présidence ne commença donc pas de la meilleure des manières... Au delà du point de vue purement sportif, c'est l'esprit, l'âme du groupe qui s'est envolé au cours de l'été 2004.

Pour ne rien arranger, Pastor arriva également dans un club en pleine crise financière. L'AS Monaco est endetté, très endetté. La gestion financière de Campora, malgré tout le bien qu'il a apporté au club, fut quelque peu douteuse lors des dernières années de sa présidence. La masse salariale du club était également extrêmement importante. Cette mauvaise gestion poussa l'ASM au bord du gouffre financier: le recrutement fut un temps placé sous surveillance par la DNCG, et Monaco eut pendant un moment la menace de relégation planant au dessus de la tête... Pastor, en devenant président du club, assainit des finances bien mal en point, ce qui sauva Monaco d'un avenir bien sombre. Ce point positif dans la présidence de Pastor ne suffit cependant pas à cacher toutes les bévues commises. Combler les dettes ne fit que retarder une chute en réalité inévitable, tant la politique de l'homme d'affaires monégasque fut douteuse au cours des 4 années qui suivirent.


La suite bientôt.


 
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